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Les droits des femmes au Maroc : avancées et défis

Des avancées juridiques notables

Au cours des deux dernières décennies, le Maroc a connu des évolutions juridiques majeures en matière de droits des femmes, portées par une volonté politique de modernisation et de convergence avec les normes internationales. La réforme historique du Code de la famille (Moudawana) en 2004 a marqué un tournant symbolique et concret. Elle a introduit des principes d’égalité plus affirmés, notamment dans la gestion du mariage, du divorce, de la garde des enfants et de l’héritage.

Par ailleurs, le droit du travail intègre de plus en plus la notion d’égalité salariale, et certaines entreprises, notamment dans les secteurs publics et parapublics, commencent à appliquer des politiques plus inclusives. On note également une progression de la représentation féminine dans les conseils municipaux, les partis politiques, et les fonctions administratives — bien que cette progression reste fragile et inégale selon les régions.

Des défis structurels et sociétaux persistants

Malgré ces progrès juridiques, la réalité quotidienne des femmes marocaines demeure marquée par de nombreux freins. Les violences conjugales, les mariages précoces, les agressions sexuelles et l’impunité qui les entoure continuent d’affecter des milliers de femmes chaque année. La loi 103-13, adoptée en 2018 pour lutter contre les violences faites aux femmes, a constitué un pas en avant, mais reste insuffisamment appliquée et mal connue du grand public.

Par ailleurs, la sous-représentation des femmes dans les postes de pouvoir économique et politique traduit la persistance d’un plafond de verre renforcé par des stéréotypes de genre tenaces. Dans les zones rurales, où les mentalités patriarcales restent ancrées, les femmes subissent encore une triple marginalisation : économique, juridique et symbolique.

Une mobilisation féministe active et structurée

Face à ces défis, le tissu associatif marocain joue un rôle central. Des organisations comme la Fédération des Ligues des Droits des Femmes, l’Association Démocratique des Femmes du Maroc ou encore Mobilising for Rights Associates mènent un travail de terrain important : campagnes de sensibilisation, accompagnement psychologique et juridique des victimes, formation des professionnelles, et plaidoyer pour une réforme plus ambitieuse du Code pénal.

Chaque année, le 8 mars donne lieu à des marches et rassemblements citoyens dans les grandes villes comme Rabat, Casablanca et Tanger. Ces mobilisations rappellent que les droits des femmes ne sont ni acquis définitivement, ni universellement appliqués — mais qu’ils sont le fruit d’un combat permanent.

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